Contexte du projet
La rivière Yerres, affluent de la Seine, traverse les départements de la Seine-et-Marne, de l’Essonne et du Val-de-Marne sur environ 98 km. Elle joue un rôle essentiel dans l’équilibre écologique local et abrite une biodiversité variée. Cependant, certaines de ses portions ont été fortement modifiées par des aménagements hydrauliques, impactant son fonctionnement naturel.
En mars 2015, lors d’une manœuvre, le clapet basculant du barrage sur la rivière Yerres, près de Soignolles-en-Brie, s’est rompu. Cette rupture a entraîné une baisse du niveau d’eau d’approximativement 1,50 m sur 2 km en amont, entraînant de nombreux dysfonctionnements affectant l’état écologique du cours d’eau.
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Le lit du cours d’eau est devenu trop large et rectiligne
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Les berges sont devenues abruptes et dépourvues de végétation
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Une importante accumulation de vase s’est formée
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La capacité d’auto-épuration du cours d’eau est devenue quasi nulle
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La diversité des habitats naturels s’était réduite (écoulement uniforme, banalisation de la végétation…)
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Les annexes hydrauliques, essentielles à la reproduction de nombreuses espèces, se sont retrouvées partiellement ou totalement déconnectées
Après concertation avec les acteurs locaux, la Fédération de Seine-et-Marne pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique a proposé un projet de restauration de la continuité écologique sur ce tronçon. Une pêche d’inventaire a été réalisé en octobre 2015, puis en mai 2016, le bureau d’étude CE3E a été mandaté pour établir un diagnostic complet du secteur (inventaire macro-invertébrés, indice biologique global DCE…). Il a ensuite proposé des aménagements adaptés pour améliorer la qualité écologique de l’Yerres sur environ 1,5 km.

Clapet de Soignolles-en-Brie avant sa rupture en mars 2015
Les objectifs du projet
L’objectif du projet a été de supprimer le barrage, dont l’impact négatif sur la continuité écologique était évident, tout en mettant en place des aménagements destinés à restaurer la dynamique fluviale naturelle du cours d’eau. Parmi ces aménagements figurent la création de zones profondes et lentes (mouilles) ainsi que de zones peu profondes et rapides (radiers).
La restauration de cette dynamique fluviale permettra, en plus d’offrir aux pêcheurs la possibilité de pratiquer différentes techniques de pêche, de recréer les habitats naturels détruits lors des opérations de curage dans les années 80 et ainsi améliorer la qualité écologique du cours d’eau.
Déroulement des travaux
L’ensemble du projet s’est déroulé du 7 septembre 2020 au 15 octobre 2021
- du 7 au 11 septembre 2020 : 70 kg de poissons
- du 28 septembre au 9 octobre 2020 : 750 kg de poissons
- le 5 novembre 2020 : 350 kg de poissons
- le 19 novembre 2020 : 150 kg de poissons

- Recharge du matelas alluvial (fond de rivière) en graviers, pierres et blocs
- Création de radiers (zones peu profondes et rapides) et de mouilles (zones profondes et lentes)

- Talutage des berges
- Pose d’un géotextile sur les berges
- Remise en état et ensemencement des berges
- Création de banquettes végétales
- Plantations d’une ripisylve adaptée
- Terrassement des berges de la future frayère à brochet en rive gauche
- Talutage des berges
Résultats des travaux
La fédération de pêche de Seine-et-Marne a restauré plus de 2 km de rivières ainsi que 2 ha de zones humides faisant office de frayères à brochet.
Une reconnaissance au niveau régional !

Lors des Victoires de l’Investissement Local 2023 (un événement récompensant les infrastructures de travaux publics créatrices de valeurs économiques, sociales et environnementales), la Fédération de Seine-et-Marne pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique a remporté, au niveau régional, la Victoire de la Biodiversité pour la maîtrise d’ouvrage de ce projet. Une belle consécration qui récompense près de cinq ans de travail de concertation entre les différents usagers (pêcheurs, randonneurs, agriculteurs, etc.) et les riverains de la rivière afin d’intégrer l’ensemble des enjeux du territoire (inondations, biodiversité, pêche de loisir, qualité de l’eau).
Présentation de l’action en vidéo !
Le coût du projet s’est élevé à plus de 700 000 € TTC. Il a été financé par l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, la Fédération Nationale de la Pêche en France, la Fédération de Seine-et-Marne pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique, la commune de Soignolles-en-Brie et l’Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique de Soignolles-en-Brie et Environs.